Chakib Khelil réagit au projet de réforme énergétique en Europe |
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Écrit par M. Chermat (La Nouvelle République)
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22-09-2007 |
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Au lendemain de l’adoption des nouvelles propositions législatives sur l’énergie par Bruxelles, le ministre algérien de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, n’a pas tardé à réagir sur les ondes de la radio Chaîne III. «Nous ne sommes pas inquiets car la décision n’est pas définitive et je ne pense pas qu’elle concerne Sonatrach ou l’Algérie», dira le ministre de l’Energie et des Mines.
Avant d’ajouter que «le but de la commission est d’autoriser beaucoup de concurrents et d’introduire la réciprocité (…), cela ne concerne pas notre pays. Nous permettons aux sociétés européennes d’activer en Algérie, et il n’y a pas de raison pour qu’on ne permette pas aux sociétés algériennes d’activer en Europe.» Le ministre algérien de l’Energie et des Mines mettra tout de même en garde Bruxelles contre les risques du maintien du monopole sur les gazoducs et la distribution. Il dira dans ce sens que «si la commission maintient le monopole sur les gazoducs et la distribution, il faut s’attendre à des conséquences en termes de concurrence et ce sont les consommateurs qui paieront les frais». De son côté, José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a affirmé mercredi passé, jour de l’adoption des nouvelles propositions législatives sur l’énergie, que ces dernières ne seraient pas «discriminatoires» à l’égard de la compagnie algérienne des hydrocarbures Sonatrach. Tout en soulignant que ces propositions ont été déjà discutées avec les pays partenaires. Le président de la Commission européenne dira que « nous essayons d’avoir une situation de non-discrimination entre toutes les entreprises du secteur qu’elles soient locales ou étrangères». Les nouvelles propositions législatives sur l’énergie faites par la Commission européenne, et qui seront probablement adoptées entre les mois de juin et décembre 2008, optent pour la séparation entre production et transport d’énergie. Ainsi, Bruxelles prône une séparation effective entre les activités de production de gaz ou d’électricité et les activités de transport (gestionnaire de lignes de haute tension et de gazoducs). Deux solutions sont alors proposées. La première concerne la séparation «patrimoniale» où la compagnie concernée se scinde en deux et se sépare de ses activités transport pour se concentrer sur la production. La deuxième option sera le fonctionnement indépendant, sans abandon de capital. Concernant cette derrière, les Etats membres de l’UE peuvent demander des dérogations si leurs producteurs d’énergie souhaitent rester propriétaires de leurs infrastructures de transport. Dans ce cas, un opérateur indépendant sera désigné pour exploiter les lignes de haute tension ou les gazoducs. Il versera des redevances aux propriétaires. Ces clauses ne concernent pas seulement les compagnies et les groupes européens mais aussi ceux des pays tiers. Concernant ces derniers, les mêmes obligations de séparation d’activités s’appliquent aux groupes non européens souhaitant opérer dans l’UE. Un accord bilatéral doit également être signé entre leur pays et l’Union européenne avant tout contrôle d’un réseau de transport en Europe. Concernant la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach, cette dernière n’est pas pour le moment propriétaire du réseau de transport de gaz naturel en Europe. Sonatrach est juste actionnaire des gazoducs qui transportent le gaz naturel algérien jusqu’aux frontières des pays clients que sont l’Italie à l’est du pays et le Maroc, l’Espagne et le Portugal, à l’Ouest. Ces derniers mois, Sonatrach s’attelle à monter des sociétés de commercialisation de gaz naturel en Espagne et en Italie. Tandis qu’en France, l’entrée en activité d’une société de commercialisation de gaz naturel n’interviendrait qu’à partir de 2010. En Espagne, la compagnie nationale est déjà autorisée à commercialiser deux milliards de mètres cubes de gaz naturel. Tandis qu’en France, il est attendu la commercialisation, directement par Sonatrach d’un milliard de mètres cubes de GNL. Concernant l’acquisition d’entreprises énergétiques en Europe par la compagnie nationale, les nouvelles dispositions ne pourraient entraver cette démarche que dans le cas où les activités de production et de transport d’énergie sont cumulées. A première vue, les projets de redéploiement de la Sontarach sur le marché européen ne seraient pas touchés par ces nouvelles propositions. Des propositions qui seront probablement adoptées durant le second semestre 2008, sous la présidence française de l’Union européenne.
Source : La Nouvelle République. |